Un Nobel au secours des ENT ?

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En 1987, le professeur d’économie américain, Robert Solow (Prix Novel en 1987), observait qu’aux États-Unis, on voyait des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de la productivité. Cette formule a fait florès sous l’appellation de « Paradoxe de Solow« . En effet, on attendait beaucoup de l’introduction des ordinateurs dans les entreprises, notamment un surplus de croissance économique. Mais cela n’est pas venu, du moins pas tout de suite. Il a fallu attendre les années 1990 pour que la productivité se mette à augmenter durablement avec le développement généralisé de l’Internet.

A écouter certains commentateurs de l’utilisation des ENT et et plus généralement des outils numériques à l’École (par exemple, l’interview de Serge Pouts-Lajus par l’ESEN à propos des ENT), on peut se demander si la situation du numérique dans l’éducation aujourd’hui en France n’est pas similaire à celle qu’observait Robert Solow dans les entreprises américaines à la fin des années 1980. Cela reste bien sûr à prouver et pourrait faire l’objet au moins d’un billet, si ce n’est d’une recherche  plus étendue. Mais si l’on fait l’hypothèse de la similitude des deux situations, tentons de comprendre comment ce paradoxe a été levé pour les entreprises américaines.

D’après les économistes (voir le 4 pages du SESSI n°116 d’oût 1999), plusieurs facteurs peuvent expliquer ce décollage tardif de la productivité du aux nouvelles technologies. Tout d’abord, l’environnement s’est de plus en plus technicisé ; les techniques et leurs usages ont progressé dans tous les segments de la société amenant à ce que l’on appelle aujourd’hui la société de l’information. Ensuite, passé le temps des choix hasardeux, les innovations techniques se sont accompagnées d’innovations organisationnelles. L’omniprésence des ordinateurs et d’internet a bouleversé le traitement de l’information introduisant un besoin croissant de flexibilité. Une organisation rigide, pyramidale se trouvait dès lors obsolète et ne pouvait pas tirer tous les gains de l’innovation technologique.

Alors continuons le parallèle avec l’éducation aujourd’hui. Quel est l’état de l’environnement en termes de culture numérique dans le monde l’éducaton aujourd’hui ? Quelles innovations organisationnelles à développer pour mieux tirer parti des nouvelles technologies ?

Pas de réponse à apporter pour le moment à ces deux questions, mais une chose paraît certaine : ce n’est pas l’innovation technique qui fera la valeur ajoutée pédagogique de demain.  C’est d’abord l’acculturation numérique des acteurs de l’éducation (Voir l’article de Bruno Devauchelle « Fourgous : passer de l’intégration à l’acculturation » sur le café pédagogique en février 2010), ce sont ensuite les innovations organisationnelles qui émergent de l’expérience individuelle, des communautés de praticiens ou des politiques publiques. Ces innovations sont sans doute déjà présentes. Regardons ce qui marche, en termes d’ENT, d’utilisation des outils  et des nouveaux services et regardons pourquoi cela fonctionne en focalisant sur les processus organisationnels plutôt que sur les procédés techniques.

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